• Bienvenue sur le continent de Midgard et ses cinq grandes nations. Les deux nations mères : Aosí, la nation qui règne en maître sur toutes les autres, dirigée par un Chancelier, pro-technologie, puis Boreas, son ennemie numéro 1 qui lui est en tout point antithétique et prône la magie dans son absolu. Les trois nations inférieures : Nordri, qui prend - soumise - parti pour Aosí, dirigée par un conseil de Järls, Austri, neutre et sous le joug d'une famille Impériale proche de son peuple... SUITE?
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Long & Lost
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ADMINISTRATRICE ▬ NORDRI
Ingvild Y. Østergåard
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Feat. Isabela - Dragon Age 2 Bénédiction : Heddwyn
Âge du personnage : 43 ans
Profession : Fugitive
Orientation sexuelle : Indéterminée
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Mer 25 Mai - 21:10
Long & Lost;
« Is it too late to come on home? Are all those bridges now old stone? Is it too late to come on home? Can the city forgive? I hear its sad song. »

Ils m'ont dit de ne pas partir. Ils m'ont dit de ne pas partir d'ici, d'y rester, rester jusqu'à ce que les cendres redescendent, qu'ils ne me cherchent plus. Ils ne me chercheront pas ici, m'ont-ils signifié, m'ont-ils promis. Je serai laissée pour morte, la puce incrustée dans ma tête si soigneusement enlevée, reconfigurée, d'après leurs dires, pour que mes mouvements ne soient plus traqués, pour que je ne sois plus, comme tous ceux de ma nation, une poupée aux ordres de l'invulnérable, la source de notre mal. J'ai si longtemps ressassé ce qui s'était passé, ces plans qui sont tombés comme les corps tombaient, comme les maisons brûlaient. Leurs informations m'étaient si disparates, si faibles; je sais que la région qui m'a vue naître lèche difficilement ses blessures, se remet de son mal. Je sais que beaucoup sont tombés, certes, mais je ne sais l'ampleur des dégâts. Oh, Maho, j'ai été si longtemps dans cette fatigue d'âme, dans cette mort de mon esprit. Je me sentais revivre, je sentais la flamme m'envahir la détermination me submerger, et toujours, je ne pouvais pas bouger. Je ne pouvais pas bouger d'ici pour ce qu'ils disaient être plusieurs jours, plusieurs semaines, mais toujours, mon cœur chavirait vers Nordri, chavirait vers mon peuple, vers leurs visages, vers la destruction, vers leur désespoir.

Je n'en pouvais plus.

Je ne pouvais rester inerte avec tout ce que j'avais causé. Par tous les Esprits, je ne veux que fouler à nouveau les terres glaciales de Nordri et revoir ceux que j'ai laissés derrière. Je ne peux vivre avec le fardeau de cette souffrance que j'ai causée par mon initiative. Je suis l'instigatrice de leur mal, l'instigatrice de cette plaie qui a causé tant de détresse, tant de hargne. Je ne reviendrai pas fière, je ne reviendrai pas la tête haute; je suis honteuse, mais prête à affronter mes démons; jamais je ne pourrai laver ce sang de mes mains, mais l'inertie et l'inaction n'amèneraient jamais la paix dans mon âme ou dans celles de ceux que j'ai si lâchement abandonnés.

Oh, Dagný, ma belle, ma douce enfant, ton sacrifice ne sera pas en vain.


Elle en avait assez. Assez de se faire traiter comme un enfant, assez de rester enfermée entre les murs de la Gracieuse, « à l'abri » de ceux qui pourraient partir à sa recherche, de ceux qui pourraient la tuer à sa moindre apparition. Une seule raison – et sa main à cette mémoire se serre contre la bandoulière du sac alors que son cœur se serre – l'avait poussée à rester plus longtemps. La pauvre enfant, cette pauvre âme qui s'était sacrifiée afin qu'elle puisse finalement quitter sa cage. Elle lui devait la vie, elle lui devait la liberté. Les coups de fusil résonnent encore contre son âme alors qu'elle revoit le visage de l'enfant qui lui avait tout donné, son regard si similaire à celui de Dagný, si similaire à sa fille au moment où le choc s'était répercuté contre sa cage thoracique, au moment où son cri s'était répercuté en écho sur le champ de bataille, à l'instant même où elle sentait son cœur se fracturer alors que le sang coulait de ses lèvres.

Elle en a assez de voir la souffrance derrière ses yeux sans agir et personne ne lui dira de rester inerte. Dragon se redresse et, après avoir enfilé les tenues chaudes qui étaient en sa possession, celles qui lui avaient été données par ses sauveurs afin qu'elle puisse les utiliser une fois qu'elle ferait son retour, sort de la chambre qui l'avait habitée depuis les dernières semaines, son pas décidé l'amenant vers un salon, où discutaient deux individus.

C'est avec une rage impétueuse qu'elle s'avance vers eux, ses ongles entrés au plus profond de la paume de ses mains, ses dents serrées alors qu'elle retient une ultime pulsion. Accoutrée ainsi, ayant déjà avec elle le sac à bandoulière qui lui avait été donné par la jeune femme qui l'avait sortie de sa cellule, il n'y avait aucun doute sur ses intentions; et ils le savaient. Elle vit leurs épaules se soulever; signe de leur peur, de leur appréhension. Ses mains percutent violemment la table avant qu'elle ne laisse un silence parcourir la pièce, ses yeux parcourant leur visage. C'est d'une voix sifflante qu'elle s'insinue alors dans l'atmosphère, ses yeux au plus profond des leurs, d'une détermination plus violente encore que la plus grande tempête orchestrée par Haneul.

▬ Ramenez-moi chez moi. Maintenant.

▬ Mais —

Maintenant.

Ils se sont regardés. À ce moment, j'ai vu leur regard changer, leur appréhension se changer en résignation. Ils savaient. Ils savaient qu'ils ne pouvaient pas me garder en cage plus que je ne l'étais. Heddwyn, tu comprends ma souffrance; tu comprends le martyr que j'ai vécu. Je m'identifie à ta souffrance; à ton désir d'agir dans l'injustice. Ils l'ont compris, eux aussi.

Ils l'ont compris et m'ont donné cet orbe enchanté. Je n'avais qu'à murmurer l'endroit où je désirais me retrouver en serrant de mes deux mains la sphère. Dans toute ma hâte, toute mon anticipation, je n'ai pu que murmurer la nation, la nation qui m'avait vue naître.

La sphère s'est brisée entre mes mains tremblantes avant de m'avaler dans sa lumière.


Le vent souffle violemment contre la peau dénudée de ses joues; un froid qui la laisse soudainement le souffle coupé. L'habitude de la brise glaciale de Nordri contre sa peau n'était plus présente depuis maintenant quatre ans, tout comme la sensation de la neige et du froid; c'était tout autant troublant qu'euphorique, offrant une pression étrange à son corps. Dragon reprit le contrôle de son souffle et inspira par les narines, un bon coup; assez pour sentir le froid l'ensevelir de l'intérieur, assez pour se sentir vivre, vivre à nouveau entre les siens alors que ses bottes foulaient une nouvelle fois la neige.

C'est avec une faible expiration qu'elle regardait la buée s'échapper de sa gorge, laissant à son souffle se mêler une voix faible, qui, chevrotante, tremblante, se transformait en un rire sincère, soulagé.

Après si longtemps, elle était finalement chez elle. Qu'importe où elle se trouvait, cette neige, ces montagnes et ces forêts à l'horizon de la plaine ne pouvaient mentir : l'Immaculée. L'Immaculée dans toute sa splendeur.

L'Immaculée dans son blanc incessant, dans ses plaines ardentes de neige intouchée. Aucun pas sauf les siens. Aucune trace de civilisation au loin, dans l'épais brouillard de la neige. Elle est seule dans le vide blanc; plus loin, la silhouette d'une montagne aux allures de volcan. Serait-ce Völund, qui, au loin, démontrait sa splendeur?

▬ Völundar… oui. Bien sûr. Mais où…?

La ville la plus près du volcan était Duraþrór, la capitale, sans aucun doute; mais de s'y rendre à pied pourrait prendre plusieurs jours de marche d'où elle était, et sans nourriture et sans eau, elle ne durerait pas bien plus qu'une journée ou deux. Strömgar était le village le plus éloigné de la région, suivant le fleuve de Nörstrom jusqu'à Fólkvangr, plus loin.

Pas de rivière ou de fleuve en vue. Que le froid et la neige. Qu'une partie de ce qui semblait être Myrkviðr, au loin – et elle savait mieux que de s'aventurer dans cette forêt seule, malgré qu'à une de ses lisières, on y retrouvait Ullgård, un village connu autant pour ses techniques d'archerie que pour son travail du bois remarquable. Mais de quel côté de la lisière se trouvait-elle?

Si seulement la fumée d'un feu avait pu la guider vers la civilisation.

Dragon est perdue, et, bien malgré son retour, elle comprend l'étendue de sa bêtise, l'étendue de son impulsivité : elle se retrouve au beau milieu de nulle part et pourrait tout autant mourir de froid au milieu de sa propre nation, sans jamais avoir le temps de retrouver les siens, de leur parler, de se repentir.

C'est son entêtement qui la guide, qui la pousse à continuer, à marcher en ligne droite, espérant trouver un signe de vie quelconque. Les minutes passent par dizaines, par vingtaines, les heures s'accumulent. Elle doit s'arrêter un moment pour manger un des sacs de rations – de la viande séchée, pas de la meilleure qualité – dans son sac, continuant ensuite, inlassable. C'est au bout de trois heures interminables alors que le soleil s'élève entre les nuages dans le ciel, que tout s'éclaircit, que sa chance tourne enfin.

Une ombre survole sa maigre silhouette. Silencieuse, elle fait mine de la dépasser de plusieurs mètres pour ensuite décrire un arc gracieux, se redirigeant dans sa direction. Ses ailes sont aussi noires que la nuit, ses yeux sombres et vides. Dragon redresse la tête pour l'apercevoir enfin. L'élégante créature ailée semble lui porter une attention toute particulière, plus intense que l'aurait fait un simple oiseau survolant une plaine enneigée. L'ancienne Huskarl cesse de marcher, un sourire se dessinant sur son visage alors qu'elle soupire.

▬ Par Veasna, je n'en crois pas mes yeux.

Un rire s'échappe de sa gorge, le soulagement s'immisçant au plus profond de son être. Elle est en vie.

▬ Sága? Sága, si c'est toi, je t'en prie, guide-moi. Je ne pourrai faire ce chemin seule.

Elle croit voir l'oiseau trembler légèrement avant que celui-ci prenne de l'altitude de quelques battements d'ailes, décrivant à nouveau des arcs autour d'elle avant de s'orienter vers une direction bien précise.

Je suis arrivée devant un Ulfsark. Elle m'a guidée jusqu'à lui. Le pauvre semblait si perdu; comme s'il voyait une apparition revenue tout droit des bras de Maho. Il n'aurait pas eu tort de le penser. J'étais loin de celle qui avait quitté Nordri il y a de cela quatre années. Plus maigre et plus pâle, moins confiante et en proie à des peurs incomprises, voire irrationnelles, je m'étais réveillée plusieurs fois pendant les nuits qu'avaient duré notre voyage vers le village le plus près, tremblante et faible, des sueurs froides coulant sur mon front.

Il avait compris mon silence et malgré qu'il m'ait reconnue, il n'avait pas osé demander si c'était réellement moi, m'aidant simplement à me rendre à destination.

Les rumeurs de mon retour avaient rapidement parcouru Völundar; j'apprenais quelques jours après mon arrivée à Branneng que ma présence auprès du Järl était demandée.

J'avais ressenti l'appréhension me mordre le cœur, la détermination m'effleurer l'esprit. C'était le moment d'affronter mes erreurs, de dompter mes peurs, de faire la paix avec tout ce mal. Völundar n'était que le premier endroit et je me doutais que mon retour à Fólkvangr me heurterait plus encore.

Je prenais le peu de dys dont je disposais, donnés par ceux qui m'avaient secourue, afin qu'un couple de marchands se dirigeant à Duraþrór me permette de faire le chemin avec eux, dans leur caravane.

J'arrivais devant la porte du Hall deux jours plus tard, une boule se formant dans ma gorge alors que j'avançais dans les corridors afin de me rendre à la salle principale, où le Järl m'attendait.


La porte s'ouvre enfin, laissant rentrer dans la salle la guerrière, qui, avec un regard déterminé, franchissait quelques mètres. Elle s'arrête soudainement, regardant longuement celle qui se tenait devant elle. Là n'était pas une vision à laquelle elle s'attendait, malgré le fait que la présence du vétéran, dans toute sa splendeur, sa carrure intimidante, son regard de glace, l'envahissait d'une joie certaine.

Elle l'aurait serré dans ses bras si l'appréhension ne l'avait pas immobilisée.

▬ Ha! Voilà pourquoi l'endroit est si chaud et accueillant!

Elle claque sa langue contre son palais, soupirant. L'entrain d'antan n'y était plus, ni même ce ton si caractéristique qui l'avait jadis accompagné partout. Sa remarque s'était voulue joviale, s'était voulue caractéristique, mais ce n'était plus que l'ombre de ce qu'elle était. Elle n'était plus que l'ombre de qui elle était.

Délier le nœud de l'atmosphère; ces paroles étaient sa seule initiative. Dragon fait une révérence, s'inclinant amplement afin de montrer son respect à la nouvelle Järl, relevant la tête après plusieurs secondes.

▬ Je suis heureuse de te voir à la tête de Völundar. Ce rôle te sied à merveille.

Mieux qu'il ne puisse jamais me seoir.

L'écho de sa voix se répercute contre la roche. Elle ose poser son regard d'ambre dans le sien, ressentant toute la froideur de son âme au sein des forges les plus brûlantes.

▬ Nous avons beaucoup à nous dire – j'ai… J'ai beaucoup à dire.
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Mar 28 Juin - 18:05



Perchée du haut de son trône, Helgá regarde le fantôme qui vient d’entrer dans la salle principale non sans avoir claqué les lourdes portes en bois du hall et laissé pénétrer le vent mordant du pays. Même quand la brise glacée vient lui caresser les joues, la Järl ne bronche pas et demeure affalée sur le vieux siège en acier forgé, symbole du savoir-faire de la région, jambes croisées, la tête appuyée contre son unique poing, son bras posé sur l’accoudoir et son moignon autour de son dernier rejeton assis contre son torse. Malgré sa position nonchalante, l’expression de son visage reste sévère, presque froide. Bien qu’elle ne soit fille de personne, il y a de la noblesse dans la personne de la nouvelle dirigeante de Völundar, un mélange de charisme et de dureté qui se devine sur sa figure aux traits fermés. Lorsque la nouvelle venue a fait irruption, la cour s’est soudainement tue non sans quelques murmures de surprise et tout les regards se sont braqués sur cette vieille connaissance qui soudainement refait surface. Même le petit Xander qui n’a qu’à peine quelques années n’ose ouvrir la bouche, ses grands yeux ronds fixés sur cette inconnue que tous semblent pourtant connaître. Imitant les adultes présents et son grand frère assis au pied du trône, il demeure figé.
Un silence s’installe. Aucune expression sur le visage de la Järl. Pas même de la surprise. Fidèle à sa réputation, elle ne laisse rien transparaître. Les deux femmes se dévisagent. Chacun retient son souffle, attendant que l’une d’entre elles prenne la parole. C'est l'arrivante qui se décide la première :

▬ Ha! Voilà pourquoi l'endroit est si chaud et accueillant ! Ironie de la situation, il y a comme un malaise qui pèse dans l’air. La salle des doléances d’ordinaire pleine de vie semble s’être frigorifiée comme en proie au souffle d'air gelé qui s’est immiscé avec la vétérante.

Le ton est jovial mais on le sent forcé. Helgá ne bronche pas et se contente d’observer son interlocutrice d’un air sombre. Elle ne peut retenir une grimace en la voyant s’incliner elle qui déteste ce genre de cérémonies.

▬ Je suis heureuse de te voir à la tête de Völundar. Ce rôle te sied à merveille. Toujours pas de réponse mais si la Järl ne s’accorde pas même un sourire, son visage se fait plus expressif. Elle paraît perplexe.

Ainsi donc les rumeurs disent vraies. Quatre ans après sa disparition, voilà que se tient devant elle la grande, l’indomptable, la légendaire Ingvild. Elle ne peut se résoudre à y croire, elle qui a fait le deuil de son mentor il y a bien longtemps de cela. Elle reconnaît pourtant le personnage de Dragon à la chaleur de son timbre de voix et son sourire affectueux. Cependant, il y manque quelque chose qu’Helgá n’arrive pas à pointer du doigt. Et la Järl a très bien remarqué que cette figure mémorable d’une époque qui lui paraît déjà révolue n’est plus celle qu’elle était. Elle pense remarquer des cicatrices en plus et s’étonne de la pâleur de son teint blafard et de sa musculature diminuée. Elle lui paraît loin la Dragon d’antan, la vraie, celle avec son regard plein de fougue capable de mobiliser d’un éclat de voix plus de la moitié de Nordri sous ses étendards. La femme devant elle lui semble n’être plus que l’ombre du souvenir qui lui reste de cette figure bien-aimée. Mais l’Ingvild de l’avant-guerre existe-t-elle encore ? Où est passée la flamme de défiance dans ses yeux ambrés ?

▬ Nous avons beaucoup à nous dire – j'ai… J'ai beaucoup à dire. Euphémisme.

Helgá hoche la tête et fait signe à une femme au fond de la salle de s’approcher. Elle lui confie son bambin, puis se lève d’un pas lent avant de poser son unique main sur l’épaule de son invitée. Elle est froide.

▬ Mes amis. Aujourd’hui est un grand jour pour Nordri ! Voilà que les Dieux, loués soient-ils, nous ont rendu un enfant du pays.
Elle s’arrête un moment, regarde Ingvild droit dans les yeux, un sourire indéchiffrable sur les lèvres.
Mais avant de célébrer cet heureux retour, laissons notre invitée se reposer un moment et profiter de notre hospitalité car j’imagine que son voyage a du être long et harassant.
Elle se penche et murmure à l’oreille de Dragon :
Surtout quand on revient d’entre les morts.


Elle se recule et laisse sa place sur le trône à son Huskarl puis prend son ainé par la main avant de lancer un regard à Ingvild, lui intimant de la suivre dans la pièce d’à côté séparée par quelques épaisses fourrures. Tout trois entrent dans la salle de réception déjà occupée par quelques vassaux profitant de la chaleur du foyer qui brûle au milieu du hall et serviteurs dressant la table pour le dîner de ce soir. Un signe de tête de la Järl et tous se retirent.

Nonchalamment, Helgá prend place au centre de la grande table en dévisageant à nouveau d’un air froid sa convive.

▬ Rik’, va chercher à boire.

Docile, le garçon s’exécute et disparaît un instant en cuisine. La Järl croise les jambes, cherchant toujours à cerner ce fantôme qu’elle ne reconnaît qu’à moitié, cherchant toujours à savoir si elle doit être émerveillée ou au contraire horrifiée d'une telle réapparition. Quatre ans c’est long. Il s’en passe des choses en quatre ans.
L’enfant revient et glisse entre les mains une corne remplie d’alcool de Frösbar à la cannelle avant de jeter un regard interrogateur à sa mère qui lui indique du doigt la sortie. Tandis que son ainé s’éclipse, Helgá reprend la parole :

▬ Alors. Qu’as-tu à me dire, mon amie ?
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Lun 11 Juil - 22:45
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Elle n’est plus habituée aux coutumes de sa propre nation, se retrouvant à plusieurs reprises surprise – charmée, même – par  ce qui avant était pris pour acquis, longtemps plus qu’un fantôme dans son esprit.  Le reflet  des cristaux de lumière, leur chaleur, la chaleur du feu des torches dans les corridors, des peaux de bêtes diverses éparpillées. Elle n’y est plus habituée ; elle n’est plus habituée à la foule, à la chaleur de Völundar, à ces regards qui se portent sur elle. Elle n’arrive plus à regagner cette posture si confiante, si solide qu’elle avait autrefois, n’arrive plus à se montrer tel le pilier de la force Nordrienne qu’elle avait jadis été. Ce silence profond dans lequel elle se voyait cruellement plongée, les regards des autres, ceux qui se voulaient plein d’incompréhension et d’émerveillement, émettaient une lourde pression contre ses épaules.

Elle sait que qu’importe ce qu’elle fera, elle ne sera pas en mesure de retrouver tout ce qu’elle a perdu.

Et alors que Helgá s’approche, un air indéchiffrable peint sur son visage sévère, elle sent un frisson lui passer à travers l’échine, brise serpentine contre son âme. Sa main se pose sur son épaule et son souffle s’arrête. Le discours l’emporte ; elle, professionnelle, Järl depuis peu, savait déjà parler à son peuple telle une dirigeante, telle une réelle Järl, lui rappelant si bien Göstav, puis Anja.

Voire Wynona.

Surtout lorsqu’on revient d’entre les morts. D’entre les morts. Oh, par Maho. Si seulement ce supplice pouvait s’éteindre.

Dragon, l’impénétrable, l’inébranlable, doit tout faire, à ces paroles, pour garder la tête haute et l’esprit clair. Elle doit tout faire pour paraître telle qu’elle était avant et ne laisser aucunement transparaître le souffle de son désespoir, qui, incontrôlable, teinterait l’atmosphère. Helgá prend la main de son enfant après avoir confié son plus jeune à une femme, la sommant d’un regard de la suivre ensuite. Un peu de repos et moins de regards ; c’est ce dont elle avait besoin maintenant.

Ingvild suit d’un pas qui se veut assuré, mais qui est pourtant hésitant. Elle est déjà venue maintes fois à Völundar, connaît le château où trône le Järl et l’a visité plusieurs fois autant en tant qu’Hersir qu’en tant que Huskarl, et, pourtant, maintenant, elle s’y sent étrangère. Revenir d’entre les morts n’était qu’un euphémisme sur le sens commun. Les Esprits savent à quel point elle aura été détruite par Aosí. Elle prend place devant Helgá, son regard doré dans le ciel des iris de son hôte. Ne pas détourner le regard était plus difficile qu’elle ne l’aurait cru. Voilà que son aîné revient avec une corne d’alcool avant de s’éclipser.  

▬ Je ne suis pas morte. Je n’ai pas eu droit à cette grâce.

Helgá est aussi froide que Fimbulvetr dans un blizzard et son regard perce son âme comme jamais elle ne l’avait senti avant. Oh, elle aurait beaucoup à expliquer, beaucoup à dire, et sans aucun doute, ses paroles lui ferait tout aussi mal qu’une dague en pleine poitrine. Le courage manquait ; et de parler, de parler, tout simplement, était comme se jeter dans un gouffre.

▬ Longtemps, j’ai cru que Maho me laisserait revenir à elle.
Elle regarde ses mains, ses doigts s’entrelaçant sur la table, se serrant et se desserrant à plusieurs reprises avant de relever la tête. Avant d’inspirer.

▬ Longtemps, j’ai pris son silence comme un signe de cruauté ; j’ai cru que les Esprits m’avaient abandonné. Quatre ans… Sa gorge se serre. J’ai causé tant de souffrance, et je n’ai rien pu faire. Je n’ai rien pu faire pour me racheter, pour affronter mes torts. Tant sont morts par ma faute…

Elle laisse le silence s’établir dans l’atmosphère alors qu’elle se remémore de tous ceux qui ont été au combat avec elle ; leurs armes levées, leur cri fier.

▬ Quatre ans ; et je n’ai pu faire la paix avec la souffrance que j’ai occasionnée.

Dans son esprit se matérialise à nouveau le visage de sa fille. Dagný, ma douce Dagný, je ne laisserai pas ton nom tomber dans les abîmes. Ni toi, ni tous ceux qui sont tombés par ma faute.

▬ Ils ne m’ont pas laissée mourir. Ils voulaient que je parle. une main tremblante se pose sur sa joue, sur ce qui un jour avait été un tatouage et qui était maintenant une cicatrice – celle d’un dragon, symbole qui prenait maintenant une plus grande signification. Ils voulaient que je dise qui était responsable. Que je révèle les secrets de la nation. Quatre ans… Quatre ans dans une cellule. Entourée de lumière  trop blanche, à espérer la mort sans qu’elle ne vienne jamais.
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