• Bienvenue sur le continent de Midgard et ses cinq grandes nations. Les deux nations mères : Aosí, la nation qui règne en maître sur toutes les autres, dirigée par un Chancelier, pro-technologie, puis Boreas, son ennemie numéro 1 qui lui est en tout point antithétique et prône la magie dans son absolu. Les trois nations inférieures : Nordri, qui prend - soumise - parti pour Aosí, dirigée par un conseil de Järls, Austri, neutre et sous le joug d'une famille Impériale proche de son peuple... SUITE?
  • 1
    6
    4
    2
    5


Le lion en chasse pour tuer ne rugit pas — Enya [An 500]
Partagez | 
 Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Sophae
avatar
Bénédiction : Amaranth
Âge du personnage : 99 ans en paraît 40
Profession : Sophae
Orientation sexuelle : Principalement hétérosexuelle
Voir le profil de l'utilisateur
Lun 5 Sep - 2:35

Sous l’ombrage d’un tilleul, au cœur de la forêt, des rires et des chants se faisaient entendre. Les feuilles en forme de cœur parsemaient les rayons du soleil qui aveuglaient les yeux clairs caractéristique des âmes qui partagent le sang d’Owena, affranchis de l’enlacement de Maho, les fantômes qui ont formé et marché avec la centenaire, se retrouvent sans animosité. Une certaine lumière baigne dans leur aura, laissant l’image du moment où la gloire les a touché dans leur vie. Une cacophonie des sens et de l’esprit, ces gens, cette famille, qui parfois ne s’étaient jamais rencontrés, se retrouvaient tous réuni, discutant de choses et d’autres. Comme si tout cela était le plus normal du monde. Les erreurs qui avaient été faites n’existaient pas ici, la fatalité qui les avait enlevés puis amenés dans cette chimère était effacée, inexistante. L’Owena qui s’était forgée, se retrouvait libre de ses chaînes, laissant l’impassibilité au placard aux vues de ce mirage aimant. C’était un tableau, où elle n’avait pas encore pénétré de peur de le briser. Pourtant, cette barrière se brisa, quand elle vit le magnifique sourire de Celaris, l’œil divin qu’elle arborait jusque-là se transforma en mouvement, les sentiments l’envahissant, et elle reçut le don de la parole. S’approchant d’un pas décidé vers son fils adoré, cette dernière s’accroupissait à sa hauteur. Il n’arborait pas encore la marque du maudit, il avait à peine onze ans et toute l’innocence qui peut habiter un enfant. Sa tact se déposait doucement contre sa joue rosie par l’exercice, la douceur de sa peau était incomparable à nulle autre chose et elle aurait désiré ardemment que cela dure pour toujours. Mais non loin de là, la voix d’Illapho, son cousin, se faisait entendre, l’appelant à jouer. Repoussant son désir de le protéger et de le garder avec elle, Owena passa sa main dans la tignasse sombre et ondulée qui recouvrait sa tête, pour lui dégager le front. Et sur cette chair nue, elle y déposait un baiser aimant, un baiser d’une mère à son enfant.

Resserrant ses bras autour d’elle-même, la Sophae ressentait une douce chaleur l’envelopper comme lorsqu’elle était dans son lit, une nuit de pluie, protégée par les draps de lin qui laissaient des marques sur son visage et les couvertures de peaux qui lui chatouillaient le bout du nez. L’odeur du lilas fraîchement coupé lui faisait tourner la tête, laissant ce moment dans facétie de la féerie. Tout ceci avait beau être des souvenirs pris à des moments précis de sa vie, qui n’ont pas encore disparu dans les limbes du temps, mais cela n’en restait pas moins un rêve. Un songe auquel, la fille, sœur, mère, chaque parcelle de son être et de son cœur serait prête à pactiser avec les esprits pour qu’ils deviennent réels. Mais tout ça était impossible, une petite voix se trouvant dans son cœur le déplorait. Mais elle ne voulait pas qu’il disparaisse si vite, trop vite. Alors, Owena se forcera à profiter de ce moment éphémère oubliant la mélancolie qui s’infiltrera chez elle à son réveil.

Un rire sirupeux la sortait de sa contemplation, jetant un regard par-dessus son épaule, Owena voyait Lornil, sa grande sœur, la main devant la bouche, retenant un délicieux rire face à une remarque plaisante. Avec son allure d’adolescente, et sa robe corail, et son visage dégagé, laissant des mèches sauvages virevolter au grès des zéphyrs, on aurait dit qu’elle ressemblait à une nymphe dont les peintres seraient tombés en pamoisons devant son charme bucolique. Tandis qu’à ses côtés ce trouvait Saelalyra, la première fille d’Owena, dont sa grossesse lui amenait cette lueur éclatante, donnant l’impression de se noyer dans une rivière d’argent. Ses mains s’activaient à tresser une couronne de reine des prés et d’œillet d’inde. La rêveuse glissait une mèche de cheveux derrière son oreille, inconsciemment ses pas l’avaient amenée à s’approcher du groupe de femmes et d’enfants en bas âge qui se trouvaient en cercle à proximité du tronc imposant du tilleul. Avec impatience, elle s’accroupissait et prenait appui sur l’une de ses mains pour ressentir la fraîcheur de la terre et du lichen qui se trouvait sous son derme. Un sourire se dessinait sur ses lippes rosées, en voyant sa mère, Waeryna, tenir dans ses bras sa petite sœur Nimdis. Cette dernière gazouillait allégrement sur les caresses de la matriarche. C’était si relaxant et plaisant d’être ici, que pendant un instant Owena regrettait de ne pas avoir passé plus de temps avec les siens. Prenant un abricot que lui tendait sa belle-sœur Arenesa, Owena se prélassait, discutant et riant avec les femmes, jetant de temps à autre un regard tendre à son fils adoré.

Pourtant, malgré le fait qu’elle semblait être paisible et heureuse, le fait d’entendre la voix de son frère, Vhassolis, qui lui faisait appel accompagné d’un signe de la main, tandis que de l’autre il tenait son arc bien trop grand en comparaison du sien. A côté de lui, se trouvait Hestolis, l’ainé des jumeaux, qui, dans son magnifique costume rouge matelassé aux épaulettes brodées de cannetilles d’or, embrassait tendrement Elaesanne, la seule et unique femme qu’il avait aimé plus que tout dans sa vie. Les joues d’Owena rosissaient face à cette vue qui la gênait légèrement. Si bien qu’en reportant son regard sur Vhassolis, son sourire s’agrandissait, une joie telle s’imprégnait d’elle. L’heure de la chasse avait sonnée, comme le laissait présager Eglerion, le patriarche de la famille, majestueux sur sa jument à la robe noire. Aussi vive que l’éclair, Owena se redressait sur ses jambes. Le pas vif, elle se dirigeait vers les montures encore attelées n’attendant que leur bride soit relâchée pour galoper au grand vent. À mesure, qu’elle les rejoignait, son visage donnait l’impression de rajeunir, comme si les années s’effaçaient le temps de cette traversée vers les souvenirs qui avaient bercé son enfance.

— J’arrive, mon frère !

Venait-elle d’exprimer sans la moindre retenue, ce sourire collé à son visage laiteux. En cours de chemin, Owena tressait lâchement sa longue chevelure sombre, laissant les boucles retomber lourdement sur son dos et cognant tout contre la tunique d’émeraude sombre qui l’habillait. Se tenant droite son hongre à la robe isabelle, sa tact glissait le long de sa croupe, remontant jusqu’à sa crinière, laissant ses doigts se perdre dans le crin soyeux. Vhassolis s’approchait d’elle, lui donnant un carquois rempli de flèches. Jusqu’à cet instant, Owena n’avait pas aperçu son arc bien au chaud dans les sacoches accrochées à la selle de son cheval. Son frère disparut aussi vite qu’il était apparu, prêt à monter sur son propre cheval.

— Vous devriez vous dépêcher si vous voulez attraper une belle prise, car je compte bien rafler le prix de la chasse !

— Le prix de la chasse ?

— Je ne vous en dirai pas plus ! Vous n’avez qu’à le découvrir, ma sœur.

— Mais…

Telle une enfant, Owena fit la moue à son frère, désirant savoir qu’elle était la récompense à la clef suite à cette chasse. Mais elle n’avait que pour seule réponse le bruit des galops et la vision du large dos de son frère. Détachant les gants de cuir qui trônaient bien sagement, coincés dans sa ceinture lui enserrant sa taille. Ses doigts se glissaient dans les orifices faits à cet effet, laissant ses gants devenir une seconde peau, quand elle contractait ses mains pour former des poings. Allant à prendre la bride de son hongre, Owena montait avec aisance sur la selle d’homme, soulagée de porter un costume d’homme. Ce geste, elle ne pourrait jamais l’oublier, une habitude inscrite dans ses muscles. Une légère accolade sur l’épaule de l’animal et ce dernier bougea sans en demander plus. Il donnait l’impression de connaître le chemin, comme si ses congénères l’appelaient pour qu’il les rejoigne.

A mesure que les minutes passaient, le petit trop d’Owena n’avait pas été assez rapide pour rattraper les hommes qui avaient dû partir au grand galop. Traversant une allée d’arbres, on pouvait voir le sol qui avait été piétiné par ses prédécesseurs. Au moins, elle était sur et certaine d’être sur le bon chemin. Ce dernier, qui était bien clair et sans entrave, commença à devenir plus sinueux lorsqu’elle dû prendre un tournant. La végétation était plus dense, se retrouvant parfois obligée de se baisser pour éviter qu’une branche lui fouette le visage. Alors que le passage devenait beaucoup moins praticable, on entendait à proximité le cliquetis de l’eau contre la pierre. Déplorant la farce de son grand frère, Owena dodelina de la tête, il faudrait bien plus qu’un bras de rivière à traverser pour lui faire perdre la compétition. Mais ce dernier avait au moins de connaître les faiblesses de l’hongre. Et quand ce dernier se retrouvait devant l’obstacle, il hennit et se cabra, risquant de la faire tomber, si elle n’avait pas enserré ses cuisses sur la selle et tenu fortement les brides.

— Du calme.. Du calme. Tout va bien mon tout beau.

Parlait-elle doucement, caressant la robe de l’animal. Ce dernier ce calma assez pour lui permettre de descendre de la selle, titubant légèrement sur le premier pas, elle retrouva rapidement son équilibre sur la terre ferme. Passant la brise par-dessus la tête de l’animal, Owena analysait la situation pour trouver une solution afin de continuer son chemin.



Revenir en haut Aller en bas
Admininistratice ▬ Aosí
W. Enya Rhosyn
Admininistratice ▬ Aosí
avatar
Feat. Red - Transistor Bénédiction : Cerys
Âge du personnage : Dans la vingtaine avancée
Profession : Propriétaire d'un cabaret dans lequel elle chante avec son band
Orientation sexuelle : Pansexuelle
Voir le profil de l'utilisateur
Jeu 8 Sep - 5:18
Le lion en chasse ne rugit pas;
« Once Upon a Dream; »

Il n’y avait rien à s’infiltrer dans l’esprit conscient d’un être humain. Il n’y a rien de plus que de la logique, que des images fixes dans des souvenirs, dans un esprit en fonction. Cependant, le domaine des songes, le domaine de l’inconscient et des rêves, c’était tout autre chose.

Elle détestait plus que tout entrer dans l’Univers des rêves, se sentant tout aussi épiée qu’elle épiait, se sentant toute aussi malade qu’elle pouvait rendre malade.

C’est la raison pour laquelle depuis que l’ordre avait été donné, depuis qu’elle s’était réveillée un beau matin avec cette commande bien inscrite dans sa tête, qu’elle détestait cette mission et tout ce qu’elle impliquait. Pire encore, lors de la réunion avec ses supérieurs, lorsqu’ils étaient rentrés dans les objectifs plus spécifiques de ladite mission qu’elle s’apprêtait à effectuer.

Les ordres étaient pourtant aussi simples que pour ses autres missions, les indications données tout aussi claires, comme si cette mission n’était pas différente des autres, mais oh, elle savait, elle SAVAIT à quel point elle allait entrer dans l’inconnu. Le domaine de Maho n'était pas le sien, et les rêves, eux, changeant au gré des divagations inconscientes de sa victime. De ne pas avoir le contrôle la rendait malade, déjà, même avant qu’elle ne s’infiltre dans le manoir où Owena Chantrea, Sophae à Boreas, somnolait paisiblement.

La raison pour laquelle cette cible en particulier avait été prise par ses supérieurs était bien simple : elle avait un poste haut placé dans la hiérarchie, mais pas assez haut pour qu’elle soit trop protégée, en plus d’avoir près d’un centenaire, ce qui ferait en sorte qu’elle serait une mine d’informations indispensables pour Aosí, pour le Chancelier, pour contrer une quelconque attaque pouvant venir de Boreas.

Il y avait eu ouï-dire que l’attaque indirecte – la libération de la Nordrienne ayant déclenché la Révolte quatre ans plus tôt – avait été orchestré par le gouvernement Boréen avec l’aide d’agents doubles placés à même Aosí. Des sources confirmaient que la femme à la cicatrice de dragon avait été vue à Boreas au cours des dernières semaines, ce qui donnait l’impression que les conspirateurs venaient de la Gracieuse.

La sécurité avait été facilement déjouée. Telle une ombre, l’espionne s’était faufilée entre les chambres du grand manoir, déjouant ceux qui, même à cette heure, étaient toujours éveillés.

Elle avait rapidement localisé la chambre, où elle était entrée, silencieuse et discrète, pour ensuite s’approcher de la dormeuse. Elle s’était promptement assurée que celle-ci était bien assoupie, sondant son esprit un moment et n’y voyant que des bribes intelligibles, avant d’intégrer, de s’insinuer au plus profond de son esprit, disparaissant de sa chambre, et ouvrant les yeux…

… Le piétinement des sabots passe à côté d’elle, l’odeur de la terre ayant été remuée s’insufflant dans ses narines, comme l’effluve humide des feuilles après la pluie, le son du vent entre les branches, du gazouillis des oiseaux. Elle se retourne, ses cheveux s’illuminant à la lueur de la lumière entre les arbres, fronçant les sourcils. Son regard dubitatif scannait l’horizon sans ne rien voir.

▬ Alors… Où suis-je donc tombée cette fois? Une forêt?

Sa cible est absente.

C’est particulier, pour ne pas en dire plus. Habituellement, lorsqu’elle pénétrait dans la tête d’une personne, elle se trouvait face à ce qui pouvait ressembler à une demeure, un manoir; un palais interne. Il lui suffisait d’arpenter les corridors et d’ouvrir des portes, et plus profond elle déambulait, plus elle trouvait des émotions, des sentiments et des peurs enfouies. Elle n’avait que très rarement pénétré l’esprit d’une personne endormie, et, donc, ne s’attendait aucunement à apparaitre au beau milieu d’une forêt. C’est un rêve, il n’y avait aucun doute sur la chose, mais elle ne voit personne. Le monde des rêves en est un qui est vaste; l’inconscient sait créer des paysages toujours plus complexes les uns que les autres, et, malheureusement pour elle, elle pourrait facilement s’y perdre jusqu’au réveil de sa cible si elle n’y faisait rien.

Mais alors qu’elle se retrouvait dans cet univers, un désagréable sentiment l’envahissait.

Tout lui semble si réel. Trop réel.

Elle n’a pas le contrôle, et de ne pas avoir ledit contrôle commence à l’offenser, à la frustrer.

Le seul contrôle qu’elle peut exercer est d’appeler à elle la conscience d’Owena. De faire une telle chose était risqué – elle aurait mieux aimé épier sans se faire remarquer, surtout qu’elle aurait conscience de sa présence comme jamais, mais elle n’avait pas le choix.

C’est alors qu’Enya, dans son habit boréen, s’approche d’un cours d’eau près du sentier, et ferme les yeux. Elle ne serait pas consciente de cet appel, mais viendrait à elle, si elle arrivait à se concentrer.

Elle n’eut pas à attendre longtemps que les sabots cognant sur la terre battue du sentier commencèrent à tonner dans l’atmosphère. Le cheval approchait rapidement, mais se cabra en voyant le cours d’eau, incapable d’avancer plus loin. Il était arrivé à destination, et sa cible, montée sur la bête, les cheveux attachés et l’air dépité, était exactement là où elle voulait qu’elle soit. C’est lorsque celle-ci descendit de sa monture et qu’elle inspectait les lieux que l’Aosíenne s’approcha finalement, entamant la conversation, un sourire gêné aux lèvres.

▬ Je suis désolée… Je crois avoir effrayé votre cheval.

Jouer l’innocence serait sa meilleure option pour l’instant. Ensuite, elle pourrait tenter de savoir ce qu’elle devait dénicher dans une conversation qui semblerait légère. Elle replace une mèche de cheveux derrière son oreille, soupirant, regardant un moment le sol, puis le visage de la Sophae.

▬ Je me suis égarée. Cette forêt est très grande et je ne viens pas de la région…
Revenir en haut Aller en bas
Sophae
avatar
Bénédiction : Amaranth
Âge du personnage : 99 ans en paraît 40
Profession : Sophae
Orientation sexuelle : Principalement hétérosexuelle
Voir le profil de l'utilisateur
Ven 9 Sep - 0:20

Le hongre à la robe isabelle n’avait point le courage d’un destrier, mais la prestance d’un palefroi. Enlaçant de ses bras la tête de l’animal, telle une prison, pour qu’il ne regarde qu’elle, espérant que ce geste soit suffisant pour adoucir le hennissement de la bête. La voix d’une inconnue se fit entendre. Owena eut l’impression d’entendre tout d’abord un esprit, ce demandant d’où provenait cette voix. Lorsqu’elle se retourna pour apercevoir une femme, à peine plus vieille qu’une enfant, mais peut-être point une dame, à la chevelure flamboyante, une sensation étrange venait lui enserrait le cœur, accompagné de questions. Qui pouvait-elle être ? Pourquoi rêvait-elle donc d’un visage qui lui semblait être étranger ? Comment avait-elle pu ne pas l’apercevoir sur la route ? Et encore bien d’autres, qui pour l’instant ne semblaient point avoir de réponse. Alors qu’elle caressait affectueusement les oreilles à moitié baissées du palefroi, la Sophae commençait à se dire qu’il s’agissait peut-être d’un visage qu’elle avait vu lorsqu’elle était plus jeune. Peut-être l’enfant du palefrenier ou bien d’un commerçant de sa ville natale, voir peut-être un membre très éloigner de la famille. Une personne aperçue si cela se trouve à peine un quart d’heure, suffisant pour que son esprit s’imprègne de cette vision. Pourtant, Owena ne comprenait pas pourquoi elle avait cette vision, si discordante du reste de son rêve. Est-ce que ce rêve ne serait pas un beau songe, mais une chimère imprégner de folie. Apposant de côté ses idées envahissantes, elle s’éclaircissait la voix pour répondre à l’inconnue.

— Soyez sans crainte, vous n’êtes point responsable de son effroi.

L’animal avait de tout temps eu une aversion pour les obstacles composés d’eau, l’hongre était la première monture qu’avait eue Owena durant sa longue vie. Mais la sienne avait été bien plus courte. Elle se souvenait que lors d’une balade, il c’était emprisonner la patte dans un piège d’un trappeur mal avisé et totalement hors la loi. Laissant alors le magnifique hongre à robe isabelle être aussi misérable qu’une haridelle, sans aucun espoir qu’un jour il soit capable de vivre une vie digne de son espèce. Estropier et hennissant de douleur, c’était la dernière image qu’avait eu l’enfant du début du siècle, avant que son père mette fin à ses souffrances en plantant sa dague immaculé dans la jugulaire de l’animal. La Sophae c’était à l’époque agenouillée auprès de la bête, laissant sa robe se faire maculé de sang, et elle eut l’impression à l’époque, d’avoir vu dans les yeux vitreux de l’hongre une sorte de remercîment face à la miséricorde qu’avait eut ses maîtres. Momento mori. Voilà ce qu’avait été la longue vie de la vieille femme. Des fantômes faits de chair et de sang attendant leur trépas, tandis qu’elle observait sans intervenir. Mais mettant de côté ses souvenirs dont elle se remémorer, Owena prenait la bride de son cheval qu’elle attachait fermement à sa main, pour finalement se tourner vers l’inconnue.

— Il est dangereux et malavisé de voyager seule, surtout si l’on ne connait pas les environs. Et d’autant plus lorsque l’on traverse cette forêt qui est un excellent terrain de chasse. Il vous serez préférable de reprendre le sentier principal, vous pourrez vous rendre en ville. Si vous continuez ailleurs, vous n’allez tomber que sur de vieilles masures isolés.

Mise en garde faite, la chasseuse décida de faire quelques pas en arrière, amenant avec elle l’animal à une distance plus respectable de ses craintes et peurs primaires. Observant l’objet de sa terreur s’éloigner, l’hongre redevient plus docile, comme si par cette capitulation, il se voyait soulager d’un fardeau terrible. Mais pour autant, Owena gardait toujours un regard sur l’étrangère, avec cette lueur persistante au fond du cœur, que son esprit n’était qu’un logogriphe figuré. Pendant un instant, elle se demandait si elle-même devait faire demi-tour pour abandonner la chasse, trouver un autre chemin plus adéquat pour sa monture ou bien rester face à l’étrangère. Tandis que son esprit vagabondé, son corps se mit à se mouvoir, laissant ses mains et ses doigts attacher fermement la bride du cheval à une solide branche. Lorsqu’elle s’en rendit compte, son regard c’était posé sur une toile d’araignée. Vieux démons prenant possession de son corps, ses travers reprenaient le dessus.

Sur l’orbitèle les gouttes d’eau d’une rosée tardive se retrouvaient prisonnières. Perles encerclaient par ses liens de soie puissants, n’attendant plus qu’un seul sort. Périr. Le réseau de croisement et d’entrecroisement arrivait à donner une impression de miroir, tel la surface d’une rivière amenant à l’âme à se refléter dedans. Les pupilles claires obnubilaient par la présence vierge de tout être arachnéen, commencer à avoir l’impression de voir son reflet dans ce mirage, mais au lieu de révéler son visage actuel, celui qu’Owena montrait à la face du monde, il y avait le vrai visage de la centenaire. Sa lèvre supérieure se mit à trembler de façon imperceptible. Ses longs cheveux ondulés natté dans son dos, où seules quelques mèches disparates sombres venaient encadrer son visage, c’était transformer en une masse blanche informe et filiforme, sa peau d’albâtre était entaché par des tâches brunes et sa peau encore si élastique n’était plus que de la chair inerte. Même l’éclat de ses yeux avait disparu. Ce songe n’avait rien d’anodin, voir même étrange et déroutant. Le vent commençait à s’élever. Une petite bise, sans gravité, juste de quoi faire mouvoir les feuilles et de décoiffer les dames promptement. Pourtant dans cette brise légère, le cerveau d’Owena se faisait entendre, laissant des mots revenir inlassablement, tel un chuchotement glissé à l’oreille. Des mots que personne ne se devaient de connaître. Ce mirage imaginé par l’esprit fatigué de la Sophae, l’amenait à entendre parler la nature, comme si des esprits venaient à se faire manifester, alors qu’il n’y avait rien ni personne. Des mots qui n’ont pas de sens, sauf pour elle. Des mots que personnes ne se devaient de prononcer. Des mots indistincts, comme des palabres dites par un vieil homme agonisant sur son dernier lit. Tous les hommes doivent mourir. Voici ce que le subcontinent de la matriarche croyait entendre à travers le vent.

Soudainement prise par sa propre torpeur, Owena se tourna vers l’étrangère, affichant un visage semble à une statue de céruse, le masque naturel de la fille, sœur et mère, celui qu’elle-même oubliait. Sa bouche s’entrouvrît et ses lippes se mouvaient, laissant sa voix s’entendre non pas pour énoncer une palabre mais pour lui poser une question.

— Puis-je vous demandez ce qui vous amènes si loin de chez vous ?



Revenir en haut Aller en bas
Admininistratice ▬ Aosí
W. Enya Rhosyn
Admininistratice ▬ Aosí
avatar
Feat. Red - Transistor Bénédiction : Cerys
Âge du personnage : Dans la vingtaine avancée
Profession : Propriétaire d'un cabaret dans lequel elle chante avec son band
Orientation sexuelle : Pansexuelle
Voir le profil de l'utilisateur
Jeu 29 Sep - 17:05
Le lion en chasse ne rugit pas;
« Once Upon a Dream; »

Elle semble avoir mordu à l'hameçon, malgré son manque de présence d'esprit. C'est bien; avec une telle stratégie, elle serait en mesure de tisser des liens avec elle sans qu'Elle ne s'en rende compte—elle pourra tenter de dénicher des informations comme une citoyenne boréenne l'aurait fait avec une autre; une qui, dans sa stature, pourrait avoir d'autres informations. Elle pourrait s'immiscer plus profondément dans son esprit et, avec chaque mouvement, chaque expression, elle pourrait venir chercher ce dont elle a besoin.

Elle ne pourrait pas contrôler ce rêve et serait à sa merci, mais en restant près de son hôte, elle sera en mesure de s'en sortir.

Cette mission était beaucoup plus complexe qu'elle n'était apparue au début.

La Dame évoque les chasseurs et le sentier de la forêt, lui assurant que son cheval n'a pas été effrayé par elle, mais par autre chose – le ruisseau, vraisemblablement. Enya soupire, enlevant de sa cape la terre qui s'était

▬ Oui, les chasseurs… Ils sont passés et on fait fuir mon cheval. Je suis tombée et je tentais de le retrouver lorsque je suis tombée sur vous. J'ai remarqué que vous avez aussi un arc… Vous les avez aussi perdus de vue?

Elle regarde dans la direction générale du sentier, mais ne le voyant pas, se retourne une nouvelle fois vers l'hôte du rêve,  un air dubitatif au visage. Mais oui, que faisait-elle au beau milieu d'une forêt étrangère? L'espionne avait déjà des réponses à ces questions; ce n'était pas une si petite chose qui allait la déstabiliser.

▬ Je tentais de me rendre à une région plus éloignée; mon père m'a envoyé chercher un tissu bien particulier. Nous sommes des marchands, vous voyez—mais sans mon cheval, je ne crois pas me rendre loin.
Revenir en haut Aller en bas
Sophae
avatar
Bénédiction : Amaranth
Âge du personnage : 99 ans en paraît 40
Profession : Sophae
Orientation sexuelle : Principalement hétérosexuelle
Voir le profil de l'utilisateur
Jeu 29 Sep - 21:56

La respiration de la Sophae se claquait sur celle de l’animal, de longues inspirations suivies de profondes expirations silencieuses, où seul le bruit de son pourpoint long se faisait entendre. Elle ne portait pas de bijoux ni même de parure d'apparat, mais c’était les coutures et les piqures qui se mouvaient à chaque une de ses respirations. Les sangles de ses boutons de bronze se tendaient pour finalement reprendre leur place initiale quand sa poitrine se trouvait au plus bas. Tel l’hongre qui rencontre pour la première fois son cavalier, Owena jugeait son interlocutrice inconnue. Écoutant, ainsi ses propos et cherchant à déceler s’il y avait une once de vérité ou non. Pourtant, elle n’ouvrit pas de suite sa bouche, attendant que son interlocutrice rousse aie fini son discours. Attendant patiemment les bras le long du corps, ses yeux parcouraient les moindres faits et gestes de la jeune femme. Ce ne fut que lorsque les derniers furent prononcer qu’elle hocha symboliquement la tête. Faisant approbation de ses explications, malgré tout, une pointe de réserve et de scepticisme résidait dans son esprit.

— C’est étrange… Hestolis n’aurait jamais fait délibérément peur à un cavalier, ni même chercher à brouiller les pistes…

L’ainée de sa fratrie avait le cœur bien trop chevaleresque pour se montrer aussi grossier, même face à un manant, il avait le cœur sur la main. Subtil moment de réflexions, où ses lippes se mouvaient si rapidement et le son de sa voix se fait silencieuse pour produire un murmure imperceptible de ses pensées. C’était ainsi durant se laps de temps qui pouvait être prit pour un silence de circonstance  que la Sophae reprit la conversation qui pouvait se faire entre deux personnes civilisées. Tentant alors de trouver une explication sur une femme voyageant seule au sein de la forêt. Il n’était pas séant de d’entreprendre une quelconque expédition sans être accompagner d’au moins d’une personne. Et tout le monde savait cela, plus le rang d’une personne était important dans la société plus les gens qui l’accompagnaient étaient nombreux. Si bien que lorsque le roi ou la reine se déplaçait, on pouvait sentir le sol trembler sous la horde des sabots des cheveux du cortège. Car après tout, même si Boréas semblait être un paradis où il fait bon temps de vivre, il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un pays peuplée d’être humain. Et les hommes peuvent être parfois malfaisants. Se faire subtiliser sa bourse est un acte anodin et qui arrive rapidement, et les voleurs sont plus craintifs à l’idée de s’attaquer à un groupe qu’à une personne isolée.

— Je vois, puis-je vous demander où vous rendez-vous ?

Voici la question qui faisait preuves de la véracité de ses paroles. Chaque région de ce monde avait ses produits locaux, où les habitants excellaient dans la fabrication et la production d’un élément en particulier. Le domaine du textile, n’en échappait à la règle. Soie issu des cocons de larve, lin produit par les graines, coton extrait des bourgeons mousseux de fruits, des produits d’exception, que des fortunes aux bourses pleines étaient capable de s’offrir pour la coquetterie afin de satisfaire leur vanité. Owena ne le nierait pas si on lui disait qu’elle faisait partie de ses personnes, malgré tout, elle n’en allait pas à dilapider sa fortune, comme d’autre Vakha avait pu le faire.

— Ne vous faites point de soucis pour votre monture, elle a dut se rendre en ville par instinct de protection et s’abreuve même peut-être en ce moment même non loin d’une ferme ou bien d’une taverne.

S’exprima Owena, avant que sa monture ne hennisse, laissant son mords se délogeait un peu trop loin de ses molaires. Passant la tête par-dessus de son épaule, elle observait la scène, avant de se décider à intervenir et mettre sa main gantée dans la gueule longue de l’animal, afin de replacer correctement le métal et éviter que son cheval ne se blesse les dents.

— En effet, ils m’ont faussés compagnie, une farce de mauvais gout, mais j’arriverais à suivre leur trace. Quant à vous arrivez-vous à rejoindre la ville à pied ?

Demandait-elle, en omettant des choses sur sa propre situation, tentant par se fait d’obtenir plus d’information sur la voyageuse rousse.



Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
 Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Ardèche : une battue pour tuer les chiens errants !
» Méthodes pour tuer pour la fourrure pure cruauté
» Recherche couteau de chasse pour offrir
» La chasse pour les nuls à Montlouis
» Comment faire pour tuer les moustiques écologiquement correct .

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
— V E R D A N D I :: Carme :: Nevan-
© V E R D A N D I - 2016 ▬ TOUTE REPRODUCTION PARTIELLE OU TOTALE EST PROHIBÉE
À proposAnnexesNationsIntriguesAide et EntraideEntre Vous et Nous
Règlement
Contexte
Crédits
FAQ
Croyances et Légendes
Le continent de Midgard
Les dons et la magie
Les jeux de Midgard
Lexique
Technologies
Aosí
Boreas
Sudri
Nordri
Austri
Vestri
À venirLa proclame
Listing avatars
Listing dons
Entraide graphique
Questions et suggestions
Devenir partenaire
Prédéfinis
Contact administration